Les dialogues dans les apprentissages

La pierre angulaire du socio-constructivisme

Vace

11/11/20252 min read

Les dialogues dans les apprentissages
Les dialogues dans les apprentissages

Le dialogue dans les apprentissages

J’observais mes apprenantes sur le titre FPA s’activer individuellement alors que j’avais initié une animation impliquant un travail de groupe et j’ai fait le rapprochement avec un article de Julie Duboscq et d’Yves Clot (Duboscq, Clot, 2010). Je me suis dit que la théorie bakhtinienne et la pensée vygotskienne permettaient d'éclairer sensiblement les apports du dialogue dans l’ancrage des apprentissages.

Le dialogue ne constitue en effet pas simplement un moyen de communication ordinaire, mais incarne une activité psychique à travers laquelle la pensée se constitue et se développe.

Pour Bakhtine, le dialogue appelle une pluralité de voix et de destinataires qui s'entrecroisent, créant des conflits producteurs de significations nouvelles. Chaque participante porte en elle des dialogues intérieurs qui rencontrent le discours des autres, générant des zones de tensions créatrices au sein desquelles se construisent des compréhensions nouvelles. Vygotsky prolonge cette perspective en démontrant que la pensée advient dans le mot et par le mot, que les concepts se forment au travers des échanges collectifs.

En contexte de formation, le dialogue entre apprenantes ne se réduit donc pas à l'échange d'informations préexistantes. Le groupe constitue un milieu où chaque individu découvre progressivement ses propres possibilités par la confrontation avec autrui. Les silences, les hésitations, les formulations, les reformulations, signalent le travail psychique en cours de réalisation.

Lorsque la formatrice ou le formateur maintient vivante la dialogicité dans les apprentissages, elle.il crée un espace où les stagiaires peuvent se parler à eux-mêmes tout en se parlant mutuellement, leur permettant ainsi de générer des pensées nouvelles. Le dialogue véritable, dans toute son épaisseur, ne cherche pas le consensus facile mais accueil la discordance*, car c'est précisément elle qui pousse chacune à repenser ses présupposés.

En formation pour adultes, ou autres, cette fonction du groupe est absolument primordiale. Accueillir les discordances plutôt que les résorber prématurément offre à chaque participante l'occasion de réorganiser son activité réflexive. Le développement du groupe se mesure alors non pas à l'uniformité des réponses apportées, mais à la capacité à aborder ce qui est difficile à dire et à la richesse des dialogues qui en découlent. Et c’est à cela que l’on reconnait un collectif.

Bibliographie

Duboscq, J. et Clot, Y. (2010). L'autoconfrontation croisée comme instrument d'action au travers du dialogue : objets, adresses et gestes renouvelés. Revue d'anthropologie des connaissances, 4, n° 2(2), 255-286. https://doi.org/10.3917/rac.010.0255.